PROJET NON REALISE

LE NIAGARA URBAIN : UNE CASCADE DE LUMIERE

Le site proposé pour l’implantation d’une œuvre est complexe : il comprend le Musée d’Histoire de Marseille, un centre commercial et un jardin des vestiges classé monument historique.
Mon projet consiste à rassembler visuellement ces deux architectures et ce jardin, en proposant une installation les réunissant, apportant ainsi une cohérence à l’ensemble.
Une cascade de lumière blanche, descendant de la partie haute du bâtiment, épousant l’architecture brutaliste du Centre Bourse, jouant avec les pentes, les dénivelés, les murs et les plans inclinés pour rejoindre la façade vitrée du Musée d’histoire, offre cette fonction révélatrice et unificatrice.
Cette cascade fonctionne en écho aux façades en verre dépoli dessinées par l’architecte, Monsieur Rolland Carta. Ces baies vitrées avec des effets d’écou- lement d’eau en gouttes dépolies cachent et révèlent en même temps. Elles laissent passer la lumière dans les salles et protègent les objets à l’intérieur de l’intensité de la lumière du jour. Cet effet de gouttes donne une unité à la façade vue du Jardin des Vestiges. De l’intérieur du Musée, regardant vers l’extérieur, un effet unique se joue entre le proche et le lointain.
Cet effet est exactement celui que j’ai voulu reprendre avec le Niagara Urbain. Il serait ainsi amplifié. De même, l’architecture du Centre Bourse, en facettes de béton ciselé qui toutes se ressemblent mais sont toutes différentes dans le détail, propose une similitude dont je me suis inspiré, renforçant ainsi la cohérence du projet.
L’œuvre que je souhaite réaliser sera très discrète. Son impact lumineux est prévu la nuit essentiellement. Le jour, les bâtiments du Centre Bourse, du Musée d’Histoire et le Jardin des Vestiges sont inondés par le soleil méditerra- néen. Seuls quelques scintillements viendraient ponctuer la façade. Alors pro- gressivement, le Niagara Urbain prendrait sa place dans l’espace, pour que la nuit tombant, cette œuvre diurne prenne toute son ampleur. Les architectures seront alors unies par cette même source de lumière. La Cascade sera le lien entre les deux architectures pour s’écouler dans le Jardin des Vestiges, d’une manière toute symbolique.
Plus les bâtiments se videront de leurs occupants et visiteurs, plus la Cascade gagnera en intensité. Au moment où la nuit tombe, le site offre une nouvelle animation, cette lumière blanche qui s’écoule le long des façades. S’offrant en écho à une autre cascade célèbre de Marseille, celle du Palais Longchamp, autre témoignage du patrimoine marseillais, notre cascade s’impose comme une sorte de nature artificielle qui prend toute sa place dans l’urbanité contemporaine.
Pascal Pinaud