Pascal Pinaud
« Sept ans de réflexion »

12 janvier – 25 février 2012

Communiqué de presse
La Galerie Nathalie Obadia est très heureuse de présenter « Sept ans de réflexion », la nouvelle exposition personnelle de Pascal Pinaud. Après sa dernière exposition personnelle en 2004, et l’exposition de groupe remarquée, « UPSA Dream », dont il a assuré le commissariat en 2008, il s’agit de la quatrième collaboration de l’artiste avec la galerie.
Depuis plus de vingt ans, Pascal Pinaud réinvente la peinture abstraite dans une recherche incessante de nouvelles voies, sans châssis, sans pinceaux, avec une grande originalité formelle et technique. Sous l’acronyme PPP – PASCAL PINAUD PEINTRE - qu’il prend dès 1995, il sait avec talent et humour réinterpréter les grands mythes de la peinture abstraite de Malevitch à nos jours.
Dans cette nouvelle exposition personnelle, dont le titre - hommage au film culte de Billy Wilder qui immortalisa les jambes de Marilyn Monroe - restitue la tendre ironie, Pascal Pinaud dévoile ses oeuvres les plus récentes dont le monumental « arbre à fèves » sur lequel il travaille depuis plus de cinq ans, collectant les fèves des galettes des rois aux quatre coins de la France dans un réinvestissement iconoclaste de la culture populaire. « Le résultat, c’est une sculpture qui a été sucée par plein de gens, une oeuvre d’art comportant des milliers d’ADN », s’amuse Pascal Pinaud qui a été aidé dans sa collecte par des collectionneurs fidèles, des amis et des étudiants de la Villa Arson où il enseigne. Au total, une trentaine de personnes ont collaboré au projet et quelques 20 481 fèves ont été rassemblées et disposées par l’artiste sur un arbre en résine de près de 3,20m de haut. « C’est aussi un arbre de vie, un trophée qui ne rassemble que des gagnants, des rois et des reines ».
Avec son installation d’assiettes de Delphes accrochées sur les murs de la galerie comme une tapisserie, Pascal Pinaud prolonge sa réflexion sur la « collectionnite ». Disposées aléatoirement sur le mur de manière all over, ces assiettes héritées de la décoration de nos (arrières) grands-parents s’émancipent de leur atavisme petit bourgeois pour créer un environnement inédit faisant cohabiter high et low culture dans la lignée d’un Picabia ou d’un Kippenberger.
Des « Tissus d’ameublement » ornent les murs suivants de la galerie, canevas cousus par des tiers et chinés par l’artiste qui s’est plu à en inverser les motifs et à réactiver la toile de Jouy, stéréotype du tissu d’un autre temps. Pascal Pinaud y a inséré des scènes de genres de la peinture hollandaise : vue donnant sur les canaux, moulin à vent, paysage forestier - des thèmes iconographiques qui font écho aux assiettes de Delphes, dans une mise en abyme de l’exposition.

Dans sa série la plus récente, celle des « Patères », Pascal Pinaud a prolongé son travail « hors les murs » et détourné du matériel trouvé chez un verrier travaillant pour un cuisiniste : panneaux de placard, découpes de verres. Sans les redécouper ou en modifier les couleurs, l’artiste les a
assemblé trois par trois pour en ordonner les lignes dans une inspiration constructiviste. « En même temps, je m’inscris dans une démarche de récupération, dans un désir d’accommoder les restes dont je ne choisis ni les couleurs ni les formes. Je vole les savoir-faire tout en essayant de les transformer en oeuvres ».
Autre série fonctionnant sur une métaphore, les « Semences » voient l’artiste entrer dans la peau d’un jardinier : « il faut que j’ensemence la peinture pour la re-nourrir », explique poétiquement Pascal Pinaud. L’artiste écrase des mines de crayons de couleur sur la toile posée au sol, permettant au graphite de se mélanger à l’eau de façon aléatoire.
L’art populaire et la grande peinture se côtoient dans les séries de Pascal Pinaud présentées ici de façon mélangée comme dans un atelier d’artiste. Radicale et baroque, cette nouvelle exposition exclut plus que jamais tout point de vue linéaire sur la création.

© Photos François Fernandez